Création à Montpellier
Théâtre La Vignette
30 sept. – 1 oct. 2026
Scène Nationale Albi – Tarn
3 – 4 nov. 2026
ida, ida, ida
texte
Hélène Bessette
mise en scène et adaptation
Valentine Carette
distribution
Laurie Bellanca
Frédérique Duchêne
Nathalie Richard
collaborations artistiques et dramaturgiques
Youness Anzane
Laurie Bellanca
Konstantinos Rizos
lumières
Khora Vita
scénographie et costumes
Cécile Marc
son
David Michel
assistante mise en scène et coordination projet
Anghjula-Maria Casanova
accompagnement en production
Corinne Aden
production
Compagnie WandA
coproduction
Théâtre La Vignette – Scène Conventionnée Montpellier Université Paul Valéry
La Scène Nationale d’Albi – Tarn
Théâtre les 13 Vents CDN de Montpellier
(dans le cadre du dispositif Seconde)
Le Parvis Scène
Nationale Tarbes Pyrénées –
Avec l’aimable autorisation des éditions Othello –
le nouvel Attila
Avec le soutien de
DRAC Occitanie,
Région Occitanie,
Ville de Montpellier Métropole
Département du Gard
Accueil en résidence
ICI – CCN Montpellier Occitanie
La maison des Métallos (Paris)
Théâtre les 13 Vents CDN de Montpellier
La Ménagerie de Verre (Paris)
Le TMS scène nationale Sète Archipel de Thau
Théâtre le Périscope (Nîmes)
Après avoir mis en scène l’auteur Alban Lefranc dans L’Hypothèse de la foudre, pièce pour 7 interprètes dont 5 amateur·ices, qui questionnait la puissance poétique et politique de la colère à travers les figures de Mohamed Ali, de la chanteuse Nico et du cinéaste Maurice Pialat, Valentine Carette et la compagnie WandA s’emparent pour cette deuxième création du sujet des vies invisibilisées et de la hiérarchie des existences à travers une œuvre éminemment poétique : le roman Ida ou le Délire, brûlot de l’immense et la trop méconnue Hélène Bessette.
Trois voix parlent.
Dans la tête de Ida ?
Est-ce les mots de Ida ? Ida, femme et accidentée.
Accidentée par la vie, tuée à la tâche, soldat de plomb, travailleuse des nuits, des aurores et des périphéries.
Ida la fatiguée, Ida femme de cuisine, femme de chambre, femme de ménage, Ida aux paupières baissées par avance.
Ida, hors de sa tête, ne s’exprime pas, ne parle pas.
Elle ne parle pas ici, ici elle se tait.
Alors qui parle ici ? Qui parle dans le silence d’Ida ?
Qui sont ces voix qui imposent, par leur parole, le silence aux autres ?
Qui s’adresse à Ida comme si elle était un meuble, une chose, un animal ?
Celles qui ont la parole ici, parlent-elles jusque dans sa tête ?
Ont-elles pris possession de ses pensées ? Ida l’employée, la servante Ida, connaît son rôle et sait qu’elle doit se taire et jouer sans fin cette comédie sans rire.
Y a t il une autre femme ici ? Une femme témoin, de l’histoire peut être, qui enquêterait sur sa mort ?
Y a t-il une femme ici qui écrit ici ? Une femme qui écrit son histoire, dans sa tête ?
Ou bien, Ida multiple, se joue-t-elle à l’infini du grand théâtre des injonctions et injustices qui lui sont faites pour tracer les lignes d’une nouvelle liberté, que le délire enfin permet ?
Hélène Bessette rend hommage aux vies silencieuses, aux besogneuses, aux «petites mains».
Celle qui fut elle-même employée de maison, femme de ménage et «gouvernante» décortique dans ce roman-enquête, la relation de pouvoir opérée sur le corps d’une femme : Ida. Ida domestique. Ida silencieuse. Le désir de ce travail naît avec cette écriture : son phrasé, sa respiration, sa musique, sa frappe si singulière, sa force évocatrice, son humour. La langue de Bessette, dont l’œuvre a été violemment passée sous silence, ne laisse pas indemne. Elle ne prend pas de pincettes, sa rythmique attaque et déroute, elle laisse aussi des béances, et c’est là toute sa beauté, toute sa force.
Au-delà de la verve abrupte et râpeuse de Bessette qui saisit instantanément, c’est la dimension extrêmement politique du texte qui a résonné et installé pour nous la nécessité de la travailler au plateau. Ce qui nous intéresse particulièrement et qui traverse le texte, c’est ce que peut dire un corps (socialement, politiquement) : en somme ce qu’il peut porter d’histoires et d’Histoire, de silences et de combats. Autrement dit, ce que le texte a à dire des luttes de classes, quand elles s’inscrivent dans les corps et détermine les destins individuels.






