Ida

production en cours
saison 2025-2026

Ida ou le délire
de Hélène Bessette
mise en scène
Valentine Carette
distribution
Laurie Bellanca
Frédérique Duchêne
Nathalie Richard
scénographie & costumes
Cécile Marc
production

Compagnie Wanda
coproduction
Théâtre La Vignette – Scène Conventionnée Montpellier Université Paul Valéry
La Scène Nationale d’Albi – Tarn
autres (en cours)

Avec l’aimable autorisation des éditions Othello – le nouvel Attila

Avec le soutien de la DRAC Occitanie,
Région Occitanie,
Ville de Montpellier Métropole

Comment traite-t-on les vies ?
Que fait-on des morts ?
Ou plutôt, que dit d’une société la manière dont elle considère certaines vies, vies de
travailleurs, vies d’exilés, vies de prisonniers, vies rendues vulnérables, inégales ?
Et que révèlent de ses valeurs la façon dont meurent certains de ces travailleurs, certains de ces exilés ou certains de ces prisonniers, la façon dont on les laisse mourir ou dont on les expose à la mort, la façon dont on détourne les yeux de leur condition ou dont on se mobilise pour les protéger ?
Au fond, comment se définissent les économies morales de la vie et de la mort dans le monde contemporain ?

Didier Fassin, Vies Invisibles, morts indicibles

Après avoir mis en scène l’auteur Alban Lefranc, dans L’Hypothèse de la Foudre, pièce pour 7 interprètes dont 5 amateur.ice.s, qui questionnait la puissance poétique et politique de la colère à travers les figures de Mohamed Ali, de la chanteuse Nico et du cinéaste Maurice Pialat; Valentine Carette & La Compagnie Wanda s’empare pour cette deuxième création du sujet des vies invisibles et de la hiérarchie des exitances à travers une œuvre éminemment singulière : le roman Ida ou le délire , brûlot de l’autrice encore trop méconnue, Hélène Bessette.

« Écrire les vies besogneuses et privées de mots sans les surplomber relève de l’ascèse et même de l’éthique. On n’explose pas un système de domination en craignant d’être mal notée ou tancée par les gardiens d’un quelconque temple, fût-il littéraire : Hélène Bessette claque la porte aux bienséances syntaxiques pour accueillir les murmures des vies empêchées et offrir ainsi l’espace de ses pages à toutes le Idas. »
Lola Lafon

Dans Ida ou le délire – véritable biopsie d’une relation social – plongée dans la violence quotidienne et sourde de l’humiliation, Hélène Bessette rend hommage aux vies silencieuses, aux besogneuses, aux « petites mains », aux travailleuses de l’ombre, des nuits, des recoins, des aubes, levant ainsi le voile sur les relations quotidiennes entre celles qui servent et celles qui sont servies et dessinant les contours d’une cohabitation socialement improbable, faite de domination et de résistances.
Celle qui fût elle-même employée de maison, décortique ainsi dans ce roman – enquête, la relation de pouvoir opéré sur le corps d’une femme : Ida Ida, employée de maison, Ida domestique. Ida silencieuse.
Servir : mais à qui et de quoi ? Bessette fore ici le souterrain des silences d’Ida, défunte dont la disparition met à nu la triste banalité d’un système d’oppression.

Cette ébauche non compréhensible
Cette forme non identifiable
Qui se tient entre la personne et la chose
Un peu plus que la chose
Un peu moins que la personne

Ida ou le délire, Hélène Bessette

LECTURE PUBLIQUE du texte à la Maison des Métallos (Paris) le 17 mai 2024 à 18h.
avec les comédiennes : Laurie Bellanca, Frédérique Duchêne, Anaïs Gournay, Julie Moulier, Shady Nafar, Conchita Paz.
A l’occasion d’une résidence de recherche à La Maison de Métallos dans le cadre du dispositif Maison à Partager.
https://www.maisondesmetallos.paris/residence-compagnie-wanda